En mai, le jardin entre dans sa période la plus généreuse : le sol se réchauffe, les journées s’allongent et les possibilités de plantation se multiplient. Entre potager, massifs fleuris, balcon et aromatiques, l’essentiel est de suivre le rythme réel de son terrain plutôt que de vouloir tout installer au premier week-end lumineux.
Peu de temps ? Voilà ce qu’il faut retenir :
| Point clé | Ce qu’il faut faire en mai |
|---|---|
| Attendre pour les frileuses | Installez tomates, poivrons, aubergines, courgettes et basilic après la mi-mai, voire autour du 20 mai dans les secteurs frais ou en altitude. |
| Semer sans attendre | Haricots, carottes, radis, betteraves, laitues, navets et fleurs annuelles peuvent rejoindre les planches lorsque la terre est souple et réchauffée. |
| Planter pour la couleur | Cosmos, zinnias, œillets d’Inde, capucines et soucis donnent rapidement un jardin coloré tout en accueillant les pollinisateurs. |
| Éviter l’impatience | Un plant mis trop tôt dans un sol froid pousse moins bien qu’un plant installé quelques jours plus tard dans de bonnes conditions. |
- Début mai : semis directs, salades, légumes-racines, vivaces rustiques et préparation des emplacements d’été.
- Après le 15 mai : plantation des légumes du soleil et des fleurs les plus sensibles au froid.
- Tout au long du mois : paillage, arrosage à la plantation, éclaircissage et observation des jeunes pousses.
Que planter en mai au potager pour récolter tout l’été
Mai est le mois où le potager semble soudain prendre de la vitesse. Après les premières semaines hésitantes du printemps, la terre devient plus accueillante : elle se travaille plus facilement, les journées offrent davantage de lumière et les graines lèvent avec une régularité rassurante. Dans une grande partie de la France, les températures de mai tournent fréquemment autour de 10 °C la nuit et 20 °C le jour, avec des écarts selon les régions et les jardins. Cette douceur relative ouvre la porte à une plantation très large, à condition de garder un œil sur les nuits fraîches.
Pour obtenir un espace productif, le plus simple consiste à raisonner en récoltes échelonnées. Plutôt que de semer un grand rang de radis ou de laitues en une fois, mieux vaut renouveler les semis toutes les deux semaines. Dans le jardin de Camille, personnage fictif mais familier de bien des jardiniers du dimanche, un unique semis de vingt laitues avait offert une abondance difficile à consommer en juin, puis plus rien en juillet. L’année suivante, trois petites lignes semées à quinze jours d’intervalle ont suffi à prolonger les salades fraîches jusqu’au cœur de l’été.
Les légumes à semer directement en pleine terre
Les haricots comptent parmi les grands incontournables de mai. Haricots nains, mangetout, beurre ou à rames se sèment lorsque la surface du sol atteint environ 12 °C. Dans la moitié nord, ce seuil est souvent atteint entre le 5 et le 10 mai, mais une terre froide après plusieurs jours de pluie mérite un peu de patience. Semez par poquets de trois à quatre graines, en laissant 20 à 30 centimètres entre chaque poquet. Les variétés grimpantes demandent un support installé avant le semis : rames de noisetier, tipi de bambous ou filet solide évitent de déranger les racines ensuite.
Les carottes, betteraves, navets et radis sont également à leur place ce mois-ci. Les carottes semées en mai donnent souvent de belles racines à récolter en automne. Leur graine étant fine, le semis doit rester clair et à peine recouvert ; un voile léger ou une planche posée temporairement sur le rang peut aider à conserver l’humidité, à retirer dès que les premières pousses apparaissent. Pour les betteraves, éclaircir après la levée est indispensable : une graine peut former plusieurs plantules, et chaque racine a besoin d’espace pour grossir correctement.
Les salades permettent de remplir les espaces libres entre deux cultures plus lentes. Laitue, chicorée, roquette, mesclun et bette à carde supportent bien les semis de printemps, à condition d’être arrosés avec régularité pendant la levée. Une bande de roquette installée au bord d’une planche est particulièrement pratique : elle repousse après la coupe et offre une récolte rapide lorsque le potager principal est encore en installation. Les épinards peuvent aussi être semés, en choisissant des variétés adaptées à la montée en graines, car les chaleurs de début d’été arrivent parfois vite.
Pour mieux répartir ces travaux, un calendrier du potager mois par mois aide à visualiser les semis successifs et les parcelles qui se libéreront plus tard. Cela évite de laisser un carré nu après les premiers radis ou les jeunes pois. Un jardin nourricier n’est pas forcément immense : une planification attentive rend chaque mètre carré plus utile.
Les légumes du soleil à réserver à la seconde moitié du mois
Tomates, poivrons, piments, aubergines, courgettes, concombres, melons et courges demandent une terre réellement tiède. Les Saints de Glace, traditionnellement situés les 11, 12 et 13 mai, restent un repère populaire utile, même si chaque jardin possède son microclimat. Une vallée encaissée, une parcelle à 600 mètres d’altitude ou un terrain très exposé au vent froid peut connaître des nuits problématiques plus tardivement. Dans ces situations, attendre jusqu’au 20 mai ne fait pas perdre de récolte ; cela évite surtout de ralentir durablement les jeunes plants.
Pour les tomates, creusez un trou profond et enterrez une partie de la tige jusqu’aux premières feuilles. Des racines supplémentaires se formeront sur la portion enterrée, ce qui donne un plant plus stable et mieux alimenté. Arrosez généreusement le fond du trou avant de placer le plant, tassez doucement, puis paillez autour sans coller le matériau contre la tige. Pour accompagner ce moment délicat, les conseils pour repiquer les tomates et favoriser leur croissance permettent d’éviter les faux départs fréquents.
Les courgettes et les concombres aiment une terre enrichie de compost mûr. Leur croissance rapide est spectaculaire : un seul plant de courgette bien installé peut donner largement de quoi cuisiner pour une famille, surtout si les récoltes sont régulières. Les melons, plus exigeants en chaleur, gagnent à être placés au pied d’un mur clair ou dans une zone abritée. Le potager de mai récompense les gestes simples : semer à la bonne température, espacer suffisamment et arroser au pied. C’est ainsi que les promesses du printemps deviennent des assiettes d’été.

Planter des fleurs en mai pour un jardin coloré jusqu’à l’automne
Un jardin productif ne se limite pas aux légumes. En mai, les fleurs transforment les bordures, les jardinières et les interstices du potager en un paysage vivant. Elles apportent de la couleur, bien sûr, mais aussi de l’ombre légère, des refuges pour les insectes et une présence joyeuse lorsque les jeunes cultures restent encore modestes. Une touffe de cosmos qui commence à monter, un rang de zinnias aux feuilles robustes ou quelques capucines qui s’élancent le long d’un grillage changent immédiatement l’atmosphère d’un extérieur.
Les fleurs annuelles sont particulièrement intéressantes en cette saison, car elles fleurissent vite et longtemps. Le cosmos, par exemple, se sème directement en place après les derniers froids. Il apprécie les sols plutôt ordinaires et devient souvent plus florifère lorsqu’il n’est pas trop choyé. Dans une terre très enrichie, il peut produire beaucoup de feuillage au détriment des fleurs. Installez-le en fond de massif, car ses tiges peuvent atteindre un mètre ou davantage selon les variétés et l’exposition.
Les annuelles faciles pour des massifs lumineux
Les zinnias sont des alliés précieux lorsque l’été s’annonce chaud. Ils offrent une palette allant du blanc crème au rouge profond, en passant par le jaune, le saumon et le rose éclatant. Leur port compact convient aussi bien aux bordures qu’aux pots généreux. Ils ont besoin de soleil et d’un arrosage au pied, sans mouiller inutilement les feuilles. En coupant régulièrement les fleurs fanées, la floraison se prolonge. Quelques tiges récoltées pour un vase de cuisine ne nuisent pas au massif : elles encouragent même le renouvellement des boutons.
Les œillets d’Inde, malgré leur nom ancien qui peut les faire paraître un peu démodés, méritent largement leur retour dans les jardins de 2026. Leurs fleurs jaunes, orangées ou cuivrées créent des touches chaudes entre les légumes. Ils sont souvent installés près des tomates et des salades pour attirer des insectes utiles et structurer les rangs. Leur parfum puissant divise parfois, mais il a quelque chose de très rassurant : celui d’un jardin de famille après une averse de mai, lorsque la terre humide exhale toute sa richesse.
Les pétunias et les géraniums restent des valeurs sûres pour les balcons. Choisissez des contenants suffisamment grands, avec un substrat drainant, car une petite jardinière sèche très vite dès les premières périodes chaudes. Les pétunias retombants habillent une rambarde avec générosité ; les géraniums zonales donnent davantage de structure. Dans les deux cas, retirer les fleurs passées et arroser lentement au pied fait une vraie différence. Une plantation réussie dépend moins de la quantité de variétés achetées que du soin régulier accordé à chacune.
Les vivaces et les fleurs compagnes qui donnent du sens aux massifs
Mai est également une bonne période pour installer certaines vivaces, notamment lorsque le sol conserve encore la fraîcheur du printemps. Rudbeckias, échinacées, campanules et sauges vivaces apporteront une présence durable. Les échinacées, avec leurs grands capitules roses, pourpres ou blancs, se marient facilement aux graminées légères et aux floraisons plus basses. Les rudbeckias prolongent la saison avec leurs tons dorés, très lumineux au moment où les jours commencent doucement à raccourcir.
Au potager, les fleurs compagnes ont une fonction pratique. La capucine attire volontiers les pucerons, ce qui peut détourner une partie de ces insectes des fèves, choux ou courgettes. Il ne s’agit pas d’une barrière infaillible, mais d’un élément parmi d’autres dans un jardin diversifié. Le souci, ou calendula, attire pollinisateurs et auxiliaires tout en illuminant une bordure. La bourrache, avec ses petites étoiles bleues, est une excellente plante mellifère et se ressème facilement, parfois même un peu trop : il suffit de déplacer les jeunes plants indésirables lorsqu’ils sont encore petits.
Un jardin coloré gagne à mélanger les hauteurs. Devant, placez les soucis, alysses ou petites capucines. Au centre, les zinnias et œillets d’Inde donnent du volume. Au fond, cosmos, tournesols et dahlias installent une silhouette. Cette composition rappelle les jardins de curé, où l’utile et l’ornemental cohabitaient sans séparation stricte. Une bordure fleurie près des légumes n’est donc pas un décor ajouté après coup : elle participe à l’équilibre visuel et vivant du lieu.
Le plus beau massif de mai n’est pas celui qui paraît parfait dès le premier jour, mais celui qui laisse progressivement la saison écrire ses couleurs.
Réussir la plantation de tomates, courgettes et aromatiques après les nuits fraîches
Les plants élevés sous abri ont souvent fière allure sur un rebord de fenêtre : feuillage tendre, tiges fines, parfois déjà quelques boutons. Pourtant, leur passage au jardin doit être préparé avec méthode. La lumière extérieure est plus intense, le vent dessèche les feuilles et les écarts de température sont plus marqués qu’à l’intérieur. Cette phase d’adaptation, appelée acclimatation, conditionne largement la reprise. Elle est particulièrement importante pour les tomates, poivrons, aubergines, basilics et concombres, tous sensibles au froid.
Avant la plantation définitive, sortez les plants quelques heures par jour pendant environ une semaine. Commencez dans un endroit abrité, lumineux mais sans soleil brûlant, puis augmentez progressivement la durée d’exposition. Les feuilles épaississent, la tige se renforce et le changement de milieu est moins brutal. Un plant qui a connu cette transition reprend plus vite, même après une journée venteuse ou une averse fraîche. À l’inverse, un plant sorti directement d’un intérieur chauffé peut blanchir, flétrir ou cesser de pousser quelques jours.
Préparer le sol sans bouleverser sa vie
La préparation du sol en mai ne demande pas de retourner profondément toute la parcelle. Un griffage sur cinq à dix centimètres suffit généralement pour aérer la surface et retirer les adventices jeunes. Ajoutez ensuite trois à cinq centimètres de compost mûr, réparti autour des zones de plantation. Les vers de terre, les champignons et les micro-organismes feront le reste en intégrant progressivement cette matière organique. Ce geste nourrit le sol sans casser sa structure, ce qui est particulièrement important après un printemps humide.
Évitez de travailler une terre détrempée. Sous le pied ou l’outil, elle se compacte et forme des mottes dures qui limitent la circulation de l’air et de l’eau. Si la pluie vient juste de tomber, utilisez ce temps pour nettoyer les pots, préparer les tuteurs ou tracer un plan de culture dans un carnet. Jardiner, c’est aussi savoir différer une intervention. Le lendemain, lorsque la surface a commencé à ressuyer, les gestes sont plus précis et le sol plus respecté.
Pour les tomates, placez les tuteurs au moment de la plantation. Les installer plus tard risque de blesser les racines déjà étendues. Des tuteurs de bois, des spirales métalliques ou une structure de ficelles tendues conviennent, tant qu’ils résistent aux rafales d’été et au poids des fruits. Prévoyez au moins 50 à 60 centimètres entre les pieds de tomates afin que l’air circule. Cette distance paraît généreuse en mai, lorsque les plants sont encore petits, mais elle devient indispensable au cœur de l’été.
Arroser et pailler pour accompagner la reprise
Après la plantation, l’arrosage doit être copieux mais ciblé. Versez l’eau au fond du trou ou directement au pied, lentement, afin qu’elle atteigne les racines plutôt que de rester en surface. Puis laissez la plante chercher l’humidité en profondeur pendant quelques jours, sauf épisode chaud et sec. Des arrosages quotidiens trop superficiels encouragent les racines à rester près de la surface, où elles deviennent plus vulnérables aux variations de température.
Le paillage complète ce travail. Une couche de cinq à sept centimètres de paille, de feuilles sèches, de tonte bien ressuyée ou de broyat protège le sol contre l’évaporation et limite les levées d’herbes concurrentes. Gardez simplement quelques centimètres libres autour des tiges pour éviter une humidité persistante au collet. Dans le jardin de Camille, des courgettes paillées juste après leur installation ont mieux traversé une période sèche de juin que celles laissées sur terre nue. Le résultat n’avait rien de magique : le sol avait simplement conservé plus longtemps son eau.
Si une nuit fraîche est annoncée dans votre secteur, un voile léger peut offrir une protection temporaire. Il doit être retiré ou aéré dès que les températures remontent, surtout en journée, pour éviter l’excès de chaleur et d’humidité. Les bons gestes pour protéger les plantes du gel restent utiles même en mai, car le calendrier ne remplace jamais l’observation du ciel, de la température locale et de l’exposition du terrain.
Une plantation bien installée ne réclame pas une surveillance anxieuse : elle demande un départ soigné, puis un peu d’espace pour s’enraciner et trouver son rythme.
Associer légumes, fleurs et aromatiques pour un jardin plus vivant
L’association des plantes attire souvent des promesses trop simples : telle fleur éliminerait tous les pucerons, telle herbe assurerait une récolte parfaite. Le jardin réel est plus nuancé, et c’est tant mieux. Les associations fonctionnent surtout parce qu’elles diversifient les odeurs, les formes, les hauteurs et les ressources disponibles pour les insectes. Un potager mélangé est moins uniforme, donc moins facile à coloniser massivement par un ravageur spécialisé. Il accueille aussi davantage de pollinisateurs et d’auxiliaires, ces insectes qui participent naturellement à l’équilibre du lieu.
L’exemple le plus connu est celui de la tomate et du basilic. Ces deux plantes apprécient la chaleur et le soleil. Installez un basilic entre deux ou trois pieds de tomate, sans le placer trop près de la tige principale : chaque plant doit garder son espace et recevoir de la lumière. Le basilic peut aussi être pincé régulièrement pour rester dense ; ses jeunes feuilles seront parfaites dans les salades, les sauces ou une simple tartine d’été avec tomate et huile d’olive.
Des associations simples à mettre en place dès mai
La carotte et l’oignon forment un duo traditionnel. Leurs odeurs différentes contribuent à brouiller les repères de certains insectes, notamment autour de la mouche de la carotte et des alliacées. Le résultat dépend de l’environnement, de la pression des ravageurs et de la saison, mais l’association reste intéressante parce qu’elle utilise bien l’espace. Les oignons montent verticalement, tandis que les carottes développent leurs racines sous terre ; ils se concurrencent peu lorsqu’ils sont correctement espacés.
Les laitues et les radis sont une autre combinaison facile pour les débutants. Les radis poussent rapidement et sont récoltés avant que les laitues prennent vraiment du volume. Ils servent donc de culture intercalaire, utile pour occuper la terre sans gêner la suite. Avec les poireaux, les carottes peuvent de nouveau trouver place dans une logique similaire. L’essentiel est de ne pas chercher une formule rigide : observez la lumière, la taille adulte et le calendrier de récolte.
- Tomates et basilic : à réserver aux emplacements chauds après la mi-mai.
- Carottes et oignons : pour diversifier les rangs et mieux utiliser la place.
- Courgettes et capucines : pour mêler une culture généreuse à une floraison comestible.
- Haricots grimpants, maïs et courges : une association inspirée des « trois sœurs », à prévoir dans un espace assez grand.
- Salades et radis : pour récolter vite entre des plantations plus lentes.
L’association dite des trois sœurs, héritée de pratiques agricoles amérindiennes, associe le maïs, le haricot grimpant et la courge. Le maïs sert de support, le haricot fixe l’azote atmosphérique grâce à ses bactéries symbiotiques, tandis que la courge couvre la terre de grandes feuilles. Dans un petit jardin, elle doit être adaptée : les courges prennent beaucoup de place et peuvent étouffer de jeunes plantations. Elle convient davantage à une parcelle ensoleillée qu’à un carré potager étroit.
Les aromatiques et fleurs qui attirent les pollinisateurs
La ciboulette, le persil, l’aneth, la coriandre, le thym et la sauge sont utiles en cuisine comme au jardin. La ciboulette fleurit en pompons violets appréciés des insectes. L’aneth et la coriandre, lorsqu’on les laisse monter en fleurs, offrent des ombelles légères qui abritent de nombreux auxiliaires. Le thym et la sauge, plus sobres en eau une fois installés, trouvent naturellement leur place en bordure ensoleillée ou dans de grands pots.
La bourrache mérite aussi quelques centimètres de terre. Ses fleurs bleues attirent abeilles et bourdons, très utiles pour la pollinisation des courgettes, concombres et tomates. Elle se ressème volontiers : gardez les pieds les plus beaux et retirez les autres jeunes pousses si elles prennent trop d’ampleur. La phacélie, semée dans une zone libre ou entre deux parcelles, nourrit les insectes pollinisateurs tout en couvrant temporairement le sol.
Évitez en revanche de placer les haricots juste contre les oignons ou les poireaux, car cette proximité peut gêner leur développement. Le fenouil, très aromatique et vigoureux, gagne à rester légèrement à l’écart des autres cultures. Un jardin vivant n’est pas un puzzle parfait : il évolue, s’ajuste, et apprend d’une saison à l’autre. La diversité bien dosée est souvent le meilleur allié du jardinier.
Organiser l’entretien du jardin en mai sans épuiser le sol ni les plantes
Planter est réjouissant, mais l’entretien de mai décide souvent de la suite de la saison. Les semis lèvent, les plantes installées accélèrent, les herbes spontanées profitent elles aussi de la lumière et de l’humidité. Il serait tentant de vouloir tout maîtriser immédiatement. Pourtant, un jardin sain se construit davantage par des passages réguliers et calmes que par une grande journée de travail épuisante. Dix minutes d’observation le matin ou le soir permettent de voir une limace, un feuillage qui jaunit, une tige cassée ou un manque d’eau avant que le problème ne prenne de l’ampleur.
Le premier geste est l’éclaircissage. Semer clair est difficile, surtout avec les petites graines de carotte, de radis ou de laitue. Une fois les jeunes pousses sorties, retirez les plants en trop pour laisser aux autres l’espace nécessaire. Cette opération semble parfois cruelle, mais elle évite une concurrence durable pour l’eau, la lumière et les nutriments. Les jeunes pousses de radis ou de betterave retirées peuvent rejoindre une salade plutôt que le compost. Dans un potager, rien n’oblige à considérer l’éclaircissage comme du gaspillage.
Arroser avec régularité plutôt qu’avec excès
L’arrosage dépend de la pluie, de la nature du sol, de l’exposition et du stade des cultures. Une terre sableuse sèche plus vite qu’un sol argileux ; un balcon en plein vent réclame davantage de vigilance qu’un jardin ombragé. L’objectif n’est pas d’arroser selon une habitude fixe, mais de vérifier l’humidité sous la surface. Enfoncez un doigt ou une petite griffe à quelques centimètres : si la terre est fraîche, l’arrosage peut attendre. Si elle est sèche et poudreuse, apportez de l’eau au pied.
Le matin tôt est un bon moment pour arroser, car les plantes disposent ensuite de la journée pour utiliser l’eau. La fin de journée convient aussi, surtout lorsque le soleil est déjà bas. Évitez de mouiller abondamment le feuillage des tomates, courgettes ou rosiers ; l’eau doit surtout atteindre les racines. Les contenants demandent une attention particulière : une jardinière fleurie peut s’assécher en quelques heures lors d’une journée chaude et venteuse, même si le jardin semble encore frais.
Le paillage reste la réponse la plus simple pour réduire la fréquence des arrosages. Installez-le après une pluie ou un arrosage copieux, sur une terre déjà humide. La tonte de gazon doit être mise en couches fines et légèrement séchée pour ne pas fermenter. La paille convient aux fraisiers et aux légumes-fruits ; les feuilles mortes conservées de l’automne peuvent aussi servir autour des vivaces. Ce tapis souple protège les organismes du sol, limite les éclaboussures et donne au jardin un aspect plus posé.
Prévenir les déséquilibres par l’observation
En mai, les limaces peuvent faire disparaître une rangée de jeunes haricots en une nuit humide. Plutôt que de traiter systématiquement, commencez par comprendre où elles se cachent : planches posées au sol, tas de végétaux, pots abandonnés ou paillis trop épais autour des plantules fragiles. Des passages matinaux permettent de les ramasser à la main. Les jeunes semis peuvent être protégés temporairement avec des collerettes ou un voile fin, le temps qu’ils deviennent moins vulnérables.
Les pucerons apparaissent souvent sur les pousses tendres. Avant toute intervention, observez s’ils sont accompagnés de coccinelles, de larves de syrphes ou de chrysopes. Un jet d’eau doux peut suffire sur une petite colonie. Laisser quelques fleurs et plantes sauvages aux abords favorise les auxiliaires, qui trouvent là nourriture et abri. Une bande d’orties, placée à distance raisonnable des zones de passage, abrite notamment de nombreux insectes et peut fournir de la matière pour un purin de jardin.
Les plantes sauvages comestibles demandent toutefois une identification sans approximation. La stellaire, l’oseille sauvage ou les jeunes orties peuvent enrichir une cuisine de saison, mais toute cueillette impose une reconnaissance certaine et un site non pollué. En cas de doute, il vaut mieux s’abstenir. Le jardin reste un lieu d’apprentissage attentif, pas un terrain d’expériences précipitées.
Enfin, notez les réussites comme les erreurs : date de semis, variété, emplacement, première récolte, attaque de limaces ou épisode de froid. Un simple carnet donne, année après année, une mémoire précieuse à votre jardin. Pour les personnes qui aiment aussi caler certaines tâches sur les cycles nocturnes, ce guide pour semer avec la lune au jardin peut compléter cette organisation, sans remplacer les besoins concrets du sol et de la météo locale.
En mai, le meilleur entretien consiste à accompagner le vivant sans le brusquer : arroser juste, pailler tôt et regarder souvent.
Peut-on planter des tomates avant les Saints de Glace ?
Cela reste risqué dans les régions sujettes aux gelées tardives, les vallées froides et les jardins en altitude. Attendre au moins la mi-mai, voire le 20 mai dans les zones fraîches, permet d’installer les tomates dans un sol plus chaud et avec des nuits plus stables.
Quels légumes poussent le plus vite après un semis de mai ?
Les radis sont parmi les plus rapides, avec une récolte souvent possible en trois à quatre semaines. La roquette, certaines laitues à couper et les jeunes feuilles de betterave donnent aussi rapidement de quoi récolter.
Quelles fleurs planter en mai près du potager ?
Les soucis, capucines, œillets d’Inde, cosmos, zinnias et bourraches sont de bons choix. Ils apportent de la couleur, attirent les pollinisateurs et diversifient les plantations autour des légumes.
Comment protéger les jeunes courgettes et concombres du froid ?
Installez-les après la mi-mai dans une terre réchauffée, paillez le pied après l’arrosage et utilisez ponctuellement un voile léger si une nuit fraîche survient. Aérez ou retirez cette protection dès que les températures remontent.
Faut-il fertiliser toutes les plantations en mai ?
Un apport de compost mûr en surface convient à la plupart des cultures gourmandes comme les tomates, courges et courgettes. Les légumes-racines, notamment les carottes, n’apprécient pas les apports trop frais ou excessifs qui favorisent des racines déformées.