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Garder sa maison fraîche en canicule sans climatisation

22 juin 2026 23 min de lecture Mis a jour 22 juin 2026

Quand la canicule s’installe, le confort à la maison se joue rarement sur un achat de dernière minute. Il se joue sur des gestes simples, bien calés dans la journée, pour garder une maison fraîche le plus longtemps possible, sans climatisation.

Peu de temps ? Voilà ce qu’il faut retenir :
Capturer la fraîcheur tôt (en pratique entre 6 h et 9 h), puis verrouiller avec volets, rideaux clairs et stores occultants si besoin.
Le duo le plus fiable pour le rafraîchissement passif : volets clos le jour + ventilation naturelle traversante la nuit, avec un gain typique de 3 à 6 °C sur la température intérieure.
Un ventilateur peut être très utile, mais il doit être bien positionné et ciblé sur les personnes (pas sur une pièce vide) pour maximiser le confort et les économies d’énergie.
Pour les personnes âgées isolées : 0 800 06 66 66 (Canicule info service), gratuit, 9 h–19 h pendant les épisodes de forte chaleur, et inscription au registre canicule de la mairie via le CCAS.

Adopter le bon timing : fermer, ouvrir, ventiler pour garder une maison fraîche

Lors d’une canicule, la tentation est d’agir “quand il fait chaud”. Or, ce qui change tout, c’est d’agir avant : empêcher la chaleur d’entrer, plutôt que tenter de la chasser quand elle a déjà saturé les murs. La différence se ressent surtout la nuit, quand la maison relâche ce qu’elle a stocké dans la journée. Cette inertie thermique explique pourquoi deux appartements identiques peuvent offrir des sensations opposées à 23 h.

Le fil conducteur le plus simple tient en une phrase : on ouvre quand dehors est plus frais que dedans, et on ferme dès que l’inverse se produit. Cela paraît évident, mais en pratique l’intuition se trompe, surtout quand une brise chaude donne l’illusion d’un air “respirable”. Un petit thermomètre placé à l’ombre (balcon, rebord de fenêtre nord, cour intérieure) évite de jouer au hasard.

Le créneau 6 h – 9 h : l’heure d’or de la ventilation naturelle

Entre 6 h et 9 h, l’air extérieur est souvent plus doux que l’air intérieur : c’est le moment où des fenêtres ouvertes ont un effet net. L’objectif est d’évacuer l’air accumulé pendant la nuit, avant que les façades sud et ouest ne commencent à charger. Dix minutes bien faites à 8 h valent parfois des heures de “brassage” à 16 h.

Dans un logement traversant, la méthode est directe : ouvrir en grand sur deux façades opposées et laisser le courant d’air renouveler l’air. Dans un appartement mono-orienté, la situation se complique, mais il reste possible de “fabriquer” un passage d’air : fenêtre côté ombre ouverte, et porte intérieure dégagée pour faciliter la circulation. Certains immeubles permettent aussi d’entrouvrir la porte palière quelques minutes, en restant présent, pour créer un tirage modéré.

À partir de 8 h 30 – 9 h : verrouiller sans transformer la journée en grotte

Le moment le plus décisif arrive juste après : fermer fenêtres et protections solaires dès que la température extérieure rejoint celle de l’intérieur. Ce verrouillage n’est pas un caprice : c’est une manière de bloquer le rayonnement avant qu’il ne traverse les vitrages. Un volet, un brise-soleil orientable ou des stores occultants efficaces agissent comme un bouclier.

Quand il n’existe que des rideaux intérieurs, le choix des textiles joue un rôle réel. Les teintes claires (blanc cassé, sable, jaune très pâle) renvoient davantage la lumière et limitent l’échauffement du tissu. Les matières épaisses côté baie vitrée, combinées à un rideau léger, créent une petite couche d’air qui ralentit la montée en température. Ce n’est pas magique, mais c’est une couche de défense supplémentaire.

Étude de cas : un T3 à Lyon, deux habitudes, deux ambiances

Dans un T3 standard avec séjour exposé ouest, le même scénario se répète à chaque vague de chaleur. Une famille laisse “un peu ouvert” toute la journée pour “faire circuler” : à 15 h, l’air à 36 °C entre, les murs se chargent, et le soir devient lourd. À l’inverse, des voisins adoptent un rituel : grand courant d’air au réveil, puis fermeture des volets et des fenêtres, et réouverture tardive quand l’extérieur repasse sous la température intérieure. Résultat : la différence se mesure souvent à plusieurs degrés, mais surtout au sommeil.

Le prochain levier, plus discret mais tout aussi efficace, consiste à réduire la chaleur produite… à l’intérieur même du logement.

Réduire la chaleur produite à l’intérieur : veilles, cuisine, éclairage et économies d’énergie

Quand les volets sont fermés et que le soleil est tenu à distance, la deuxième source de chaleur vient de l’intérieur : appareils, cuisson, eau chaude, éclairage. Ce sont des apports “invisibles” qui finissent par s’additionner et grignoter le confort, surtout dans un espace ouvert séjour-cuisine. La bonne nouvelle, c’est que ces gestes améliorent aussi les économies d’énergie.

Débrancher les veilles : le petit geste qui devient un vrai levier

Box internet, télévision en veille, console, chargeurs laissés branchés “au cas où”… chacun dissipe quelques watts qui se transforment en chaleur. Pris isolément, ce n’est rien. Sur une journée entière, multiplié par plusieurs appareils, cela finit par compter, surtout dans une pièce déjà fragilisée par une exposition plein ouest.

Une méthode simple consiste à organiser les appareils par priorité : ce qui est indispensable (réfrigérateur, éventuellement box en télétravail), et le reste. Une multiprise à interrupteur facilite l’opération : un geste le matin, un geste le soir. Ce n’est pas seulement un confort thermique ; c’est aussi une ligne de facture qui baisse, discrètement mais sûrement.

Passer en “cuisine d’été” : éviter le four aux heures chaudes

Un four en marche, c’est une montée rapide de température dans la cuisine, et un effet domino dans les pièces voisines. Pendant une canicule, la stratégie la plus confortable est de basculer sur des repas froids ou tièdes : gaspacho, salades composées, taboulé, crudités, fruits riches en eau. La cuisson peut être déplacée tard le soir, quand la maison s’apprête de toute façon à ventiler.

Pour garder du plaisir sans chauffer, une astuce consiste à préparer “au frais” : légumes rôtis la veille au soir, puis servis froids le lendemain avec une sauce yaourt-citron, ou pâtes cuites tard et transformées en salade le lendemain. La fraîcheur n’empêche pas la gourmandise, elle change simplement le timing.

Éclairage et écrans : limiter les apports thermiques inutiles

En période chaude, l’obscurité relative des volets clos n’est pas un détail : elle participe au rafraîchissement passif. Une ampoule ancienne chauffe beaucoup plus qu’une LED, et dans une pièce petite, cela devient perceptible. Les écrans et ordinateurs ajoutent aussi leur chaleur, surtout lorsqu’ils tournent à plein régime.

Quelques réflexes faciles à adopter pendant les heures les plus chaudes :

  • Éteindre les lumières inutiles et privilégier la lumière naturelle filtrée.
  • Mettre les ordinateurs en mode économie et réduire la luminosité des écrans.
  • Reporter les tâches “qui chauffent” (impression, gros téléchargement, cuisson, repassage) au soir.
  • Éviter le sèche-linge en journée : étendage nocturne ou tôt le matin, quand l’air est plus doux.

Une fois ces apports internes diminués, le plus gros défi reste le pic de l’après-midi : c’est là que l’eau et l’évaporation deviennent des alliées très concrètes.

Le principe à garder en tête est simple : mieux la chaleur est tenue dehors le matin, plus les astuces de l’après-midi deviennent un confort d’appoint plutôt qu’un “plan de sauvetage”.

Rafraîchir sans climatisation au pic de chaleur : eau, évaporation et ventilateur bien placé

Entre 13 h et 18 h, l’air extérieur est souvent au maximum, et l’intérieur monte progressivement, même avec une bonne discipline de fermeture. C’est là que les techniques d’évaporation apportent un soulagement réel. Elles ne transforment pas un salon en chambre froide, mais elles améliorent la sensation, surtout si la maison est déjà protégée du soleil.

Serpillière humide et linge mouillé : le rafraîchissement passif par évaporation

Passer une serpillière humide sur un carrelage ou un sol qui reste relativement frais aide parce que l’eau, en s’évaporant, capte de l’énergie. Le gain est surtout sur la température ressentie, pendant une fenêtre de temps limitée. Dans un rythme d’après-midi, ce geste peut être répété, notamment avant une sieste, un appel important ou le retour des enfants à la maison.

La version “amplifiée” consiste à suspendre un drap mouillé devant une fenêtre entrouverte (quand cela n’entraîne pas d’entrée d’air brûlant) ou devant un ventilateur. L’air brassé traverse une zone plus humide, ce qui renforce l’effet de fraîcheur. En climat très humide, l’effet se réduit : l’air étant déjà chargé d’eau, l’évaporation est plus lente. Cela reste agréable, mais moins spectaculaire.

Bouteilles congelées + ventilateur : une astuce simple, à condition d’être prudente

Deux bouteilles d’eau remplies aux trois quarts et placées au congélateur la veille deviennent un petit outil de confort. Posées dans une bassine ou un panier, à quelques dizaines de centimètres devant le ventilateur, elles refroidissent l’air soufflé pendant un temps limité. Quand elles fondent, l’eau est fraîche et les bouteilles peuvent repartir au congélateur pour le lendemain.

Cette routine fonctionne d’autant mieux qu’elle est organisée : un petit “roulement” de bouteilles (deux en service, deux au congélateur) évite de se retrouver à 17 h avec des glaçons déjà fondus. C’est un détail logistique, mais c’est souvent lui qui rend l’astuce réellement tenable sur plusieurs jours.

Bien utiliser un ventilateur : confort ciblé et consommation minimale

Un ventilateur ne baisse pas la température de l’air comme une climatisation. Il améliore surtout la sensation en aidant l’évaporation de la transpiration. D’un point de vue pratique, cela implique deux règles : il doit viser les personnes, et il ne sert à rien dans une pièce vide. Cette logique est excellente pour les économies d’énergie, car l’appareil peut être éteint dès qu’on change de pièce.

Côté budget, l’écart avec la climatisation mobile reste impressionnant : un ventilateur est généralement considéré comme beaucoup moins gourmand en électricité qu’un climatiseur mobile utilisé intensivement. Ce n’est pas un jugement moral ; c’est juste une différence de technologie. Pour autant, un ventilateur mal utilisé peut devenir contre-productif si l’air ambiant est trop chaud : au-delà d’environ 35 °C à l’intérieur, mieux vaut se référer aux recommandations sanitaires et chercher un endroit plus frais, surtout pour les personnes fragiles.

Rafraîchir le corps sans se piéger : brume, douche tiède, vêtements

Les gestes corporels jouent un rôle immédiat : brumiser la nuque, le visage, les avant-bras, puis laisser sécher à l’air, redonne un souffle. La douche est plus délicate : une eau glacée peut provoquer un effet rebond, alors qu’une douche tiède (autour de 25–28 °C) aide souvent à relâcher la chaleur résiduelle. En cas de malaise, de confusion ou de symptômes inquiétants, l’avis d’un professionnel de santé s’impose ; la chaleur est un sujet sérieux, surtout sur plusieurs jours.

Après l’après-midi, le soir arrive avec une illusion fréquente : “dehors ça baisse, donc dedans ça va”. C’est précisément le moment où la maison rend ce qu’elle a stocké, et où la stratégie de nuit devient déterminante.

Préparer la nuit : mieux dormir quand la canicule s’enchaîne plusieurs jours

La difficulté d’une canicule n’est pas seulement la journée très chaude. Ce sont les nuits qui ne rafraîchissent plus suffisamment, et l’épuisement qui s’accumule. La nuit est donc une “seconde journée” à préparer, avec ses gestes et ses priorités : ventiler quand l’air extérieur le permet, alléger ce qui chauffe le corps, et installer une chambre qui ne piège pas la chaleur.

Réouvrir au bon moment : retrouver une ventilation naturelle efficace

Le soir, l’idée n’est pas d’ouvrir systématiquement à 20 h “par principe”. Il s’agit d’ouvrir quand l’air extérieur redevient plus frais que l’air intérieur. Un thermomètre enlève l’approximation. Quand le bon moment arrive, le courant d’air redevient un allié : fenêtres ouvertes sur deux faces si possible, portes intérieures dégagées, et circulation d’air pendant une heure ou plus selon la configuration.

Dans les logements non traversants, une technique simple consiste à placer un ventilateur près d’une ouverture côté ombre, orienté vers l’extérieur, pour extraire l’air chaud. Une autre ouverture, même entrouverte, permet une entrée d’air plus frais. Ce n’est pas spectaculaire, mais c’est souvent suffisant pour rendre l’endormissement plus acceptable.

Dîner et hydratation : éviter d’ajouter un “radiateur interne”

Le repas du soir pèse plus qu’on ne l’imagine. Une assiette très chaude et très copieuse lance une digestion énergivore, et la sensation de chaleur au coucher s’intensifie. Une option plus légère (salades, fruits, produits laitiers nature, plats tièdes) aide à ne pas se coucher déjà “en surchauffe”. Les autorités sanitaires rappellent régulièrement d’éviter alcool et boissons très sucrées pendant les épisodes de forte chaleur, et de privilégier une hydratation régulière.

Sur ce point, un repère utile est la simplicité : eau à température ambiante, en petites prises, sans attendre d’avoir très soif. Si une personne présente des signes préoccupants (confusion, peau chaude et sèche, malaise), il faut solliciter une aide médicale sans tarder.

Textiles et micro-astuces de chambre : des détails qui comptent

Dans la chambre, la matière des draps change la sensation. Le lin et le coton léger évacuent mieux l’humidité que des textiles épais, et évitent l’effet “collant”. Un oreiller rafraîchi brièvement (dans un sac propre, au congélateur pendant une courte durée) peut améliorer l’endormissement : ce n’est pas un gadget, c’est un petit confort qui aide à franchir le cap.

Concernant le ventilateur, l’orientation compte : mieux vaut un souffle indirect, dirigé vers le pied du lit plutôt que vers le visage, pour limiter gorge sèche et inconfort au réveil. Pour les enfants et surtout les bébés, il convient d’éviter un flux direct sur le berceau ; en cas de doute, les recommandations d’un professionnel de santé sont les plus sûres.

Après la nuit, le sujet ne s’arrête pas au confort individuel. La chaleur met aussi en tension les plus fragiles, et l’organisation collective (famille, voisins, immeuble) devient un véritable geste de prévention.

Le passage du “confort” à la “vigilance” se fait parfois sans bruit : une nuit trop chaude, puis une deuxième. Mieux vaut avoir les bons réflexes écrits et partagés avant que la fatigue ne brouille tout.

Personnes fragiles, bébés, animaux : réflexes concrets et erreurs à éviter pendant la canicule

La chaleur n’affecte pas tout le monde de la même manière. Les personnes âgées isolées, les nourrissons, certaines personnes malades et les animaux domestiques subissent plus vite les effets d’un logement qui ne descend plus en température. L’enjeu n’est pas d’alarmer, mais d’organiser : qui appelle qui, quand, et que vérifier.

Le réflexe “proche” : un appel vaut mieux qu’un ventilateur de plus

La canicule d’août 2003 reste un repère dur : Santé publique France a documenté environ 15 000 décès en excès en France, avec une surmortalité marquée à domicile et en établissement, et une forte proportion de victimes parmi les personnes âgées. Cette mémoire n’est pas là pour culpabiliser ; elle rappelle que le danger vient souvent des nuits qui ne rafraîchissent pas et de l’isolement.

Concrètement, trois actions rendent service immédiatement :

  1. Inscrire une personne âgée isolée sur le registre canicule de la mairie (via le CCAS), pour déclencher des appels/visites en cas d’alerte.
  2. Passer ou appeler au moins une fois par jour, et vérifier l’eau disponible, la température intérieure, l’état de fatigue.
  3. Afficher un numéro simple : 0 800 06 66 66 (Canicule info service) pendant les épisodes de forte chaleur ; en urgence vitale, contacter le 15 ou le 112.

Une question utile à se poser est : “Si la personne a mal dormi trois nuits, qui s’en aperçoit ?” C’est souvent là que se joue le passage entre gêne et danger.

Bébés et jeunes enfants : fraîcheur, vêtements légers, zéro flux d’air direct

Pour les tout-petits, la logique est d’éviter la surchauffe et la déshydratation. Les vêtements en coton fin, la pièce la plus fraîche du logement (souvent côté nord), et une hydratation adaptée (sein ou biberon plus souvent) sont des repères régulièrement rappelés par les autorités sanitaires. Un ventilateur peut brasser l’air dans la pièce, mais sans être dirigé vers le berceau.

En cas de fièvre, de comportement inhabituel, de somnolence marquée ou de signes inquiétants, l’avis d’un professionnel de santé est indispensable. La chaleur peut masquer ou aggraver certains symptômes.

Animaux : carrelage, eau renouvelée, sorties aux heures fraîches

Pour les animaux, le sol frais devient un refuge naturel. Une gamelle remplie, renouvelée, quelques glaçons si l’animal les tolère, et des promenades déplacées aux heures les plus douces (tôt le matin ou tard le soir) font une vraie différence. Le bitume chauffe très fort en journée : une règle simple consiste à poser la main au sol quelques secondes ; si c’est trop chaud pour la main, c’est trop chaud pour les pattes.

Les erreurs qui annulent les efforts : les pièges les plus fréquents

Certaines habitudes donnent l’impression d’agir, alors qu’elles font entrer davantage de chaleur :

  • Ouvrir grand à 15 h “pour aérer” : l’air brûlant remplace l’air intérieur, et la maison perd l’avance gagnée le matin.
  • Se fier à un store intérieur seul sur une baie exposée : la protection extérieure reste bien plus efficace pour stopper le rayonnement.
  • Cuire au four en pleine après-midi : la cuisine devient une source de chaleur pour tout le logement.
  • Utiliser le ventilateur en continu dans une pièce vide : confort nul, consommation inutile, et parfois assèchement évitable.

Dernier levier, plus silencieux mais durable : tout ce qui améliore l’isolation thermique et l’ombrage naturel rend chaque épisode plus supportable, année après année.

Investir dans le long terme : isolation thermique, stores occultants et plantes d’intérieur pour un rafraîchissement passif durable

Les gestes horaires sont efficaces tout de suite, mais ils révèlent aussi les faiblesses d’un logement : velux plein sud, grande baie vitrée sans protection extérieure, toiture peu isolée, murs qui chauffent vite. Quand la canicule devient plus fréquente, le confort se construit aussi sur des choix durables, compatibles avec la sobriété et les économies d’énergie.

Isolation thermique : penser “été” autant que “hiver”

On associe spontanément l’isolation thermique au froid. Pourtant, une bonne isolation ralentit aussi l’entrée de chaleur en été. Le toit est souvent le premier suspect dans les logements sous combles : c’est une surface très exposée, et la chaleur s’y accumule. Améliorer l’isolation des combles, ajouter une protection solaire extérieure sur les fenêtres de toit, ou limiter les ponts thermiques sont des décisions qui ne se voient pas toujours, mais qui se sentent dès la première vague de chaleur.

En copropriété ou en location, ces travaux ne sont pas toujours immédiats. Mais il est utile de documenter la situation : relevés de température intérieure, photos des expositions, inconfort nocturne. Ce sont des éléments concrets pour argumenter une demande de store extérieur, de volet roulant solaire ou d’amélioration de l’enveloppe.

Stores occultants et protections solaires : l’extérieur avant l’intérieur

Le principe est simple : plus la protection est placée à l’extérieur du vitrage, plus elle est efficace. Un volet, un store extérieur ou un brise-soleil bloque le rayonnement avant qu’il ne traverse la vitre. Les stores occultants intérieurs restent utiles en complément, notamment pour les chambres, mais ils ne remplacent pas une protection extérieure sur une grande baie très exposée.

Pour un velux plein sud, la solution la plus nette est souvent un store extérieur adapté. Quand ce n’est pas possible, un store intérieur thermique et un film solaire peuvent apporter un mieux, même si l’efficacité varie selon les produits et la pose. Dans tous les cas, mieux vaut éviter l’achat “panique” : comparer, vérifier la compatibilité, et anticiper avant l’épisode suivant.

Plantes d’intérieur : confort sensible et microclimat, sans leur faire porter tout le poids

Les plantes d’intérieur n’abaissent pas la température d’un salon comme un système technique. En revanche, elles améliorent la sensation de fraîcheur et le confort d’ambiance : feuillage, évapotranspiration légère, impression de “pièce vivante” dans une journée où tout semble figé derrière les volets. Elles jouent aussi sur l’ombre si elles sont placées intelligemment, sans bloquer la circulation d’air.

Un petit scénario parle à beaucoup de foyers : dans un séjour protégé du soleil, une étagère de plantes robustes (pothos, sansevieria, ficus elastica selon les conditions de lumière) donne une impression plus respirable, surtout si le sol a été légèrement humidifié et que l’air est brassé doucement. Attention toutefois : en période chaude, l’arrosage doit rester raisonnable pour éviter humidité excessive et risques de moisissures. L’objectif est le confort, pas de transformer le salon en serre.

Ombrage extérieur : l’arbre à feuilles caduques, une stratégie “quatre saisons”

À l’échelle d’une maison, planter un arbre à feuilles caduques au sud ou à l’ouest est l’un des gestes les plus intelligents sur le long terme : ombre en été, lumière en hiver quand les feuilles tombent. Ce n’est pas un effet immédiat, mais c’est un investissement de confort. En ville, là où c’est possible, des solutions de végétalisation (treilles, plantes grimpantes bien gérées) peuvent aussi réduire l’échauffement des façades, à condition de respecter les règles de copropriété et l’entretien.

Le fil rouge, au fond, reste cohérent : une maison qui se protège bien du soleil, qui ventile au bon moment et qui limite ses sources de chaleur internes rend le ventilateur optionnel, et le quotidien plus tenable, même quand les journées se répètent.

À quelle heure fermer les volets pour garder une maison fraîche en canicule ?

Le repère le plus fiable est la comparaison des températures : fermer dès que la température extérieure dépasse celle de l’intérieur, souvent entre 8 h et 9 h pendant une canicule. Un thermomètre placé à l’ombre aide à décider au bon moment. Mieux vaut fermer un peu trop tôt que trop tard, car la chaleur qui entre par les vitrages se stocke ensuite longtemps dans les murs.

La ventilation naturelle fonctionne-t-elle si le logement n’est pas traversant ?

Oui, mais avec un effet plus modéré. L’idée est de créer un mouvement d’air : ouvrir la fenêtre côté le plus ombragé, dégager les portes intérieures, et, si possible, utiliser un ventilateur près de l’ouverture pour extraire l’air chaud vers l’extérieur. La nuit, quand l’air extérieur est plus frais, cette stratégie devient beaucoup plus efficace.

Les stores occultants suffisent-ils pour éviter la surchauffe ?

Ils aident, surtout dans les chambres, mais ils sont souvent plus efficaces en complément qu’en solution unique. La protection la plus performante reste celle placée à l’extérieur du vitrage (volet, store extérieur, brise-soleil), car elle bloque le rayonnement avant qu’il n’entre. Si seule une solution intérieure est possible, privilégier des tissus clairs et épais et fermer tôt le matin.

Peut-on utiliser un ventilateur quand il fait très chaud à l’intérieur ?

Un ventilateur améliore surtout le confort en augmentant l’évaporation sur la peau, mais il ne refroidit pas l’air. Si la température intérieure est très élevée (autour de 35 °C et plus), il peut devenir moins efficace et augmenter la déshydratation. Pour les personnes fragiles, il est important de suivre les recommandations sanitaires et de demander conseil à un professionnel de santé en cas de symptômes ou de doute.

Quel numéro appeler pour aider une personne âgée isolée pendant une canicule ?

Canicule info service : 0 800 06 66 66 (gratuit, 9 h–19 h pendant les épisodes de forte chaleur). Il est aussi recommandé d’inscrire la personne sur le registre canicule de la mairie via le CCAS. En cas d’urgence (malaise, confusion, perte de conscience), appeler le 15 ou le 112 immédiatement.